Comment influencer notre génétique ? - Béatrice Svitone Naturopathe
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Comment influencer notre génétique ?

Comment influencer notre génétique ?

Nos parents nous ont transmis chacun la moitié de leurs gènes mais notre environnement a une influence l’ensemble de nos chromosomes et gênes (génome) par des modifications dites épigénétiques.

La génétique nous donne des forces et des faiblesses, mais vous avez le pouvoir de les modifier. Par exemple, avec des patrimoines génétiques identiques, deux jumeaux peuvent évoluer différemment en fonction de leurs environnements respectifs. Les gènes, sont en effet soumis à de nombreux facteurs environnementaux : alimentation, maladies, médicaments, stress, lieu & hygiène de vie, tout ce qui influence le métabolisme peut modifier l’expression de nos gènes. Nous avons des organes qui fonctionnent bien et qui sont peu sensibles aux agressions extérieures, de ce fait ils ne seront vraisemblablement jamais malades, a contrario nous avons aussi des organes plus fragiles ou des prédispositions à faire telle ou telle maladie. Par exemple, dans une famille où personne n’a jamais fait de cancer du sein, même si dans l’arbre généalogique personne n’en avait jamais souffert, avec l’augmentation des perturbateurs endocriniens dans notre environnement certaines femmes vont développer des cancers du sein. Inversement il a été démontré qu’une personne porteuse d’un gène favorable au cancer du sein et qui agit sur son hygiène de vie peut voir réduire son risque de 75%.

Pas de fatalité dans les gènes !! « Vous êtes nés pour vous servir de vos gènes et non les subir ». Deepak Chopra

« Alors que la génétique correspond à l’étude des gènes, l’épigénétique s’intéresse à une « couche » d’informations complémentaires qui définit comment ces gènes vont être utilisés par une cellule ou… ne pas l’être. » « C’est un concept qui dément en partie la « fatalité » des gènes.

Les modifications épigénétiques sont induites par l’environnement [1] au sens large, la cellule reçoit en permanence toutes sortes de signaux l’informant sur son environnement, de manière à ce qu’elle se spécialise au cours du développement, ou ajuste son activité à la situation. Ces signaux, y compris ceux liés à nos comportements (alimentation, tabagisme, stress…), peuvent conduire à des modifications dans l’expression de nos gènes, sans modifier l’information contenu dans les gènes eux-mêmes.

L’impact de l’alimentation sur nos gènes

Des études ont montré que les enfants de femmes enceintes exposées à la famine pendant l’hiver 1944-1945 étaient atteints de pathologies telles que le diabète, l’obésité, des maladies cardiovasculaires, la micro-albuminurie (albumine dans les urines), etc. Par ailleurs, ils étaient plus petits que la normale. Devenus adultes, ils ont ensuite eu eux aussi des enfants plus petits que la moyenne. Ces données suggèrent que la famine vécue par les mères avait provoqué des modifications épigénétiques transmise aux générations suivantes. Leur patrimoine génétique avait gardé la trace de cet événement de quoi accréditer la théorie selon laquelle la santé d’un individu est en partie programmée par l’environnement auquel le fœtus est exposé dans l’utérus [2].

L’hypothèse a été longtemps rejetée, aujourd’hui elle est totalement admise. L’alimentation influence l’expression même de nos gènes, en stimulant ou au contraire en inhibant certains d’entre eux. Les micronutriments tels que les vitamines, les oligoéléments, les minéraux, les acides gras essentiels, ou encore les composés naturellement présents dans les plantes ont une influence sur nos gènes. Il s’agit de molécules régulatrices qui permettent le bon fonctionnement de notre organisme. L’autre grande catégorie de composés alimentaires, les macronutriments comme les sucres, les graisses ou les protéines, assurent essentiellement notre apport énergétique mais n’ont pas ou peu d’effets sur l’expression de nos gènes. Le comportement alimentaire d’un individu peut entraîner des modifications épigénétiques qui seront conservées lors de la copie de nos gènes et qui, dans certains cas, peuvent être transmis à nos enfants.

Comment agir ?

En prenant en considération les caractéristiques propres de chaque individu et en leur offrant des apports nutritionnels spécifiques et ciblés, personnalisé, en prenant en considération les carences importantes, en supplémentant dans un premier temps par l’intermédiaire de complément alimentaire et en leur apprenant à tenir compte de leurs besoins spécifiques afin de l’intégrer dans leurs nouvelles habitudes alimentaires. Pour cela il faut connaître et évaluer ses risques personnels, ses fragilités et surtout il faut apprendre à repérer les agressions de notre environnement qui vont perturber notre organisme et qui pourront favoriser le développement de maladie. Votre naturopathe pourra vous accompagner dans cette démarche et vous conseiller.

Si nous fumons, buvons, sommes sous tensions au quotidien, et que nous avons hérité de gènes porteurs de diabète type 2, d’obésité, d’une autre maladie chronique ou d’un cancer, nous allons réveiller ces variants génétiques. En revanche, un mode de vie sain et serein va les endormir, les désactiver. C’est l’adoption d’un comportement sur le long terme dont va dépendre la stabilité de nos variants génétiques. C’est ainsi que nous pouvons influencer l’expression de nos gènes et améliorer notre état de santé. Mais pas seulement notre santé, celle de nos futurs enfants aussi 😊

 

[1] Jablonka E & Lamb M (2005) Evolution in four dimensions. Cambridge MA. MIT press

[2] Stein AD et al. (2004) Intrauterine famine exposure and body proportions at birth: the Dutch Hunger Winter. Int J Epidemiol

4 Comments
  • Barnouin Eliane

    28/09/2019 à 11:33 Répondre

    Merci pour ce message plein d’optimisme qui engage aussi notre responsabilité face à ce que nous considérons trop souvent comme une fatalité.
    Merci j’en profite pour attester du professionnalisme de Beatrice Svitone.

    • Béatrice Svitone– Naturopathe

      28/09/2019 à 14:02 Répondre

      Merci Eliane de l’intérêt que tu as pu porter à cet article

  • Marlène Le Quentrec

    03/10/2019 à 09:12 Répondre

    Merci Béatrice pour cet article intéressant.
    Je partage l’idée de notre responsabilité sur l’amélioration constante de notre hygiène de vie…

    • Béatrice Svitone– Naturopathe

      03/10/2019 à 11:06 Répondre

      Effectivement la meilleure des préventions reste avant tout notre propre prise en charge et la conscience de l’aide que nous pouvons nous apporter en prenant en considération ce que nous sommes.

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